Opéra Magazine

Opéra Magazine Hors Série 2020-2021

Numéro Spécial

5 (1 avis)

Pour la quinzième année consécutive, Opéra Magazine consacre un Hors-Série à la présentation de la nouvelle saison des principales scènes lyriques, en France et ailleurs dans le monde. La réalisation en a été confiée à une équipe dirigée par Christian Wasselin, qui s’est activée afin de réunir les informations nécessaires et de tirer les principales lignes de force de la programmation. 

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Fiche détaillée

  • Editeur : CF - Centre France
  • Date de parution : Automne 2020
  • Genre : Musique
  • Langue : Français
  • Pages : 116

Détails de l'offre

Nous aurions bien aimé vous offrir, comme de coutume, un panorama aussi complet que possible des saisons lyriques promises pour 2020-2021. Malheureusement, certain virus que nous avions espéré laisser derrière nous est toujours à l’affût ; non seulement il a retardé de quelques semaines la publication de ce horssérie, mais il a également obligé plus d’un théâtre à prendre des décisions sévères : soit ne pas publier une programmation rendue aléatoire en raison des conditions sanitaires du moment ; soit modifier la liste des spectacles prévus dans un premier temps ; soit encore amputer radicalement, parfois des deux tiers, une saison préalablement annoncée. C’est le cas notamment de la plupart des opéras d’Amérique du Nord, qui se sont vus contraints de nous fixer rendez-vous au début de l’année prochaine seulement, voire au printemps. Nous avons souhaité malgré tout présenter ici les saisons les plus exhaustives (pour certaines d’entre elles, nous dirons les moins inexhaustives), sachant que l’ensemble de ces informations reste plus que jamais susceptible de nombreuses modifications (de titre, de distribution, de date, etc.) ; et c’est avec la désolation que vous imaginez qu’il a fallu, pour certaines scènes, nous satisfaire de deux ou trois productions seulement, l’avenir étant ici ou là particulièrement incertain. « À l’heure où le tourisme dévaste la terre, l’opéra reste la seule chance d’un vrai voyage qui nous étreigne », écrivions-nous il y a un an. La terre, en 2020, a peut-être été un peu moins dévastée par le tourisme prédateur, mais la chance de voyager physiquement pour assister à un spectacle lyrique nous a été interdite pendant plusieurs mois et nous est aujourd’hui parcimonieusement accordée. En 1923, Sacha Guitry et André Messager signaient L’Amour masqué avec le bonheur que l’on sait ; c’est sans joie aujourd’hui qu’il faut constater combien l’opéra, lui, est bâillonné, et qu’il s’agit là davantage d’une méchante ruse (du Temps ? de l’Histoire ? de la Nature ?) que d’un malicieux stratagème. Une ruse qui se plaît également à jouer avec nos nerfs, à se dérober un instant pour mieux revenir un peu plus tard nous narguer. On pense à cette héroïne qui s’exclame « Je respire » au premier tableau d’un opéra célèbre, puis « J’étouffe » au tableau suivant. Pourtant, l’opéra reste une urgence ! Pendant la période du confinement, au printemps dernier, il fallait une attestation pour sortir de chez soi afin d’acheter son pain. Mais le pain de l’esprit et de l’imagination ? Comme l’écrit Flaubert dans La première Éducation sentimentale : « On fait des souscriptions pour les pauvres qui n’ont pas de pain à donner à leurs femmes, mais ceux qui, vêtus et nourris, n’ont pas de fleurs à donner, pensez-vous qu’ils ne soient pas à plaindre ? » Ainsi de l’opéra. « La langue de l’Europe, c’est la traduction », disait Umberto Ecco. Il serait tout à fait possible d’ajouter : la langue de l’Europe, c’est aussi l’opéra, qui est parlée désormais, ou plutôt chantée, dans un grand nombre de parties du monde. Certes, il est toujours possible de se mentir à soi-même et de se dire que par le biais d’internet, l’univers entier a rendez-vous chez chacun d’entre nous ; à défaut d’entrer dans une salle, c’est la salle qu’on invite chez soi. Mais tel n’est pas le destin d’une langue vivante, qui exige qu’on la pratique effectivement afin de mieux en jouir. Le désenchantement du monde est une réalité que l’on peut percevoir de manière de plus en plus aiguë ; l’opéra, et l’art en général, reste l’une des manières de survivre à cet affadissement  généralisé. Fasse que ce virus, bouffon volatil qui n’a rien à nous dire et prétend nous faire taire, disparaisse sous terre comme il est venu, tel un spectre qui retourne à sa tombe.


CHRISTIAN WASSELIN

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Avis

Par (PARIS, France) le  19 Nov. 2020 (Opéra Magazine Hors Série 2020-2021) :
(5/5

Opéra Magazine Hors Série

Excellente revue, programmes détaillés des opéras, très utile pour réserver

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